Epidémiologie

L'épidémiologie en France et dans le monde résumée sur ce blog mis à jour par les étudiants de la licence professionnelle Statistique et Informatique pour la Santé de Vannes

18 janvier 2008

Une "épidémiologie des conflits"

Une grande question subsiste: "Combien y a-t-il eu de morts pendant la Seconde Guerre Mondiale?"

Afin de répondre à de telles questions, une nouvelle discipline appelée "épidémiologie des conflits" a été créée au cours de ces vingt dernières années. En effet des chercheurs doivent se rendre dans les zones de guerre afin d'enquêter directement auprès des communautés touchées.

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En temps de paix, la plupart des pays développés collectent régulièrement des informations sur leurs citoyens par le biais de recensements. Chaque ménage est contacté individuellement, par téléphone ou par courrier. Dans les pays en guerre, il est en pratique impossible d'appliquer ce type de procédure. Les enquêteurs utilisent donc la technique d'échantillonnage en grappes (qui était au départ utilisée pour les campagnes de vaccination).

Les étapes sont les suivantes :

-         on sélectionne des échantillons de ménages représentatifs du pays

-         des ménages appartenant à chacun des échantillons sont ensuite choisis au hasard

-         les équipes d'enquêteurs vont frapper aux portes de ces familles. Ils reçoivent des rapports quotidiens sur l'état de la situation sur le terrain, vérifient les rumeurs d'échauffourées.

Les équipes d’enquêteurs ne se déplacent que lorsque la sécurité semble assurée et sont accompagnés, la plupart du temps, de gardes armés. Mais, en dépit de toutes ces précautions, des problèmes peuvent survenir tels que attaques par des groupes rebelles, problèmes d’ordres politiques (censures des résultats, contradiction des résultats,…),…

Des débats restent en cours sur les méthodes utilisées pour l’échantillonnage. Par exemple, il convient de souligner une source d'erreur potentielle qu'on appelle le main street bias [biais de l'artère principale]. Dans chacune des grappes, les chercheurs sélectionnent les ménages en choisissant une rue commerçante, puis, au hasard, une rue résidentielle perpendiculaire à la première. Ils désignent ensuite de façon aléatoire une maison située sur cette rue et commencent leur enquête à partir de celle-ci. Des critiques comme Michael Spagat, professeur au Royal Holloway College de l'université de Londres, affirment que cette méthode ne tient pas compte des rues qui ne croisent pas l'artère principale et qui, par conséquent, sont probablement plus calmes et moins souvent le théâtre d'affrontements ou d'attentats.

Citation de Anna Hatløy (chercheuse en nutrition à l'université d'Oslo) : "Nous devons être au courant de la situation dans les endroits où personne n'ose se rendre. Notre travail, c'est de permettre à ceux qui se trouvent dans ces situations de se faire entendre."

http://www.bpe.europresse.com/

Posté par Magalie Gallet à 15:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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